2.08.2008

Vous avez dit bizarre...?

Un employé de la société de courtage boursier Newedge, ex-Fimat, a été placé en garde à vue dans l'enquête sur la perte record de trading à la Société générale, a-t-on appris de source judiciaire.
Commencée jeudi, la garde à vue a été prolongée de 24 heures vendredi, a précisé le parquet de Paris.
Cet homme pourrait être intervenu comme intermédiaire dans les transactions litigieuses du trader Jérôme Kerviel sur des produits financiers européens, dit-on de même source.
 
Ce rebondissement de l'enquête est intervenu à quelques heures de l'examen par la cour d'appel de Paris de la demande du parquet de placer en détention Jérôme Kerviel.
 
Jeudi, la brigade financière a perquisitionné les locaux à Paris de l'ancienne Fimat, importante société de courtage, à l'époque des faits filiale à 100% de la Société générale.
 
Cet organisme, situé sur les Champs-Elysées - devenu au début de l'année Newedge après une fusion avec Calyon Financial, filiale du Crédit agricole - a assuré, comme c'est l'usage dans ce type de transactions, la réalisation concrète de certains des engagements financiers du trader sur des indices boursiers, les "futures".
 
Me Jean Veil, avocat de la Société générale, a déclaré à Reuters qu'il jugeait "prématuré" de commenter ce nouveau développement de l'enquête, dont les implications restent à déterminer, dit-il.
Jérôme Kerviel a admis à la police et devant les juges avoir engagé la somme massive de 50 milliards d'euros et fait des faux pour cacher le fait qu'il n'avait pas pris d'engagements parallèles pour couvrir le risque, ce qui est la règle dans ce type d'opérations.
C'est la liquidation de ces positions par la Société générale entre le 21 et 23 janvier qui a matérialisé la perte de 4,9 milliards d'euros.
 
Les enquêteurs tentent de comprendre pourquoi cette prise de position n'a pas été détectée. Selon Le Monde, la Société générale a versé au dossier judiciaire des éléments sur la Fimat et notamment un message informatique envoyé le 30 novembre par le courtier de la Fimat en garde à vue à Jérôme Kerviel.
"Tu n'as rien fait d'illégal au sens de la loi", disait le courtier au trader de la Société générale, dans une possible allusion à ses prises de position.
 
La Société générale dit aussi s'étonner des notes de téléphone portable de Jérôme Kerviel, plus de 1.000 euros mensuels, somme jugée élevée alors que le trader bénéficiait des téléphones professionnels.
 
Eurex, filiale des bourses allemande et suisse et important marché européen de produits financiers dérivés, s'était alarmé le 7 novembre auprès du "gestionnaire de risques" de la Société générale des opérations de Jérôme Kerviel, soulignant qu'elles étaient passées pour la plupart par la filiale anglaise "Fimat futures limited".
Le 24 janvier, Newedge a annoncé que la société ne serait pas touchée financièrement par l'affaire. "Cette fraude a eu lieu en dehors du périmètre d'activité de Newedge", disait dans un courrier aux clients le directeur général Patrice Blanc.
Dans l'après-midi, la chambre de l'instruction devait examiner la demande du parquet général de placer Jérôme Kerviel en détention. Le parquet général s'appuie sur les "nécessités de l'enquête" et de supposés risques de fuite à l'étranger.
La chambre de l'instruction, qui siègera à huis clos, rendra sa décision soit vendredi, soit après un délibéré de quelques jours. Mis en examen pour "faux, usage de faux, abus de confiance et introduction dans un système de traitement automatisé de données", Jérôme Kerviel a été libéré sous contrôle judiciaire le 28 janvier.
Il dit avoir agi seul. Le parquet général juge nécessaire d'empêcher des contacts entre Jérôme Kerviel et d'éventuels complices, de vérifier si le trader n'a pas tiré de bénéfices personnels des opérations et de mettre au clair le mécanisme exact de la "fraude" alléguée.
Thierry Lévêque
 
________________________________________________________________________________
 
Sur un marché des futures tout comme en bourse, où ce qui a été perdu par l'un a été gagné par un autre..., on continue à s'interroger de la manière dont Jérôme Kerviel aurait pu sciemment engager les énormes quantités de fonds comme il l'a fait et sur le motif.
Les préjugés sur cet homme qui a les pratiques un peu torves dans la peau sont lourds car de forts soupçons d'indélicatesse ont déjà pesé sur son frère qui a été licencié par une filiale de la BNP quelques mois auparavant, frère chez qui il logeait de manière à sous-louer son appartement à des touristes pour se faire un peu de beurre mi-sel (ce qui, rappellons-le est proscrit par la loi française..son propriétaire appréciera -)..
 
Par ailleurs, les cartes de visite retrouvées dans ses poches le jour de sa fouille à la brigade financière sont celles de personnes qui l'ont reçues en entretiens présumés d'embauche dans la banque concurrente six mois avant la découverte de sa fraude, et on a du mal à ne pas penser que ce garçon ait "comme fait exprès de laisser trainer ces contacts"..dans ses poches dans un contexte aussi délicat.
 
Que le courtier filiale l'ait visiblement "rassuré" sur "la légalité" de ses prises de positions est par contre assez étonnant. Ce formidable flux de business a dû le rendre particulièrement tendre vis-à-vis de son "client" interne. Néanmoins, c'est O pitié pour le fameux "gestionnaire des risques" de la banque qui semble lui à la limite de la naîveté candide quand l'Eurex le prévient : était-ce sur les montants énormes engagés ou sur une chiquenaude?
 
Bref, cette affaire est loin d'être encore tranchée, on ne sait si oui, la SG s'acharne à juste titre sur celui qui aimerait bien que la thèse de la "victime" et du "bouc émissaire" soit retenue pour sa défense et ses intérêts en face.
 
Mais cette histoire de coups de fils pour de gros montants pour quelqu'un qui n'avait que peu d'amis et pas de petite amie..lointaine est certes le début du Fil d'Ariane dans cette affaire et nous promet un dénouement fidèle aux voies classiques de la police : avec qui communiquait donc ce jeune homme, qui n'est pas du genre à aimer dépenser ses sous de manière générale en bon breton, et qui..a pu laisser des factures téléphoniques énormes sur son portable personnel - on l'aurait bien vu plutôt utiliser son tél pro..non? - sans même trouver des tarifs et des opérateurs ad hoc?
 
A priori avec quelqu'un qui habite un pays loin des promos de roaming, et qui par ailleurs devait suivre de près ces derniers temps son actualité. Bref, un paradis fiscal au soleil (Caimans, Bahamas), où d'autres acteurs sur ces dérivés auraient pu largement prendre des positions inverses aux siennes sur ce même marché pour ensuite partager de confortables plus-values..?
Un scénario dantesque pour un jeune homme que la crise du logement agace comme tout un chacun de la jeune génération sacrifiée...
So :
1 - Etait-il assez intelligent et connecté pour l'avoir pensé tout seul ce scénario, ou l'a-t-on fait pour lui et le lui a-t-on proposé ? Qui est ce Lui?
2 - Ou est-il assez bête pour n'avoir pensé comme il l'a dit aux juges que "sur ces marchés on ne se rends plus compte des montant engagés ! " Hey ho, ça va bien
Cette affaire pourrait être la montagne qui n'accouche pas que de souris..
A surveiller )


Ne gardez plus qu'une seule adresse mail ! Copiez vos mails vers Yahoo! Mail

Aucun commentaire: